Projet Yonnu Chigan

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La situation des filles mères et des jeunes femmes vulnérables au Bénin est très alarmante.

En effet, ces femmes précocement confrontées aux réalités de la vie d’adulte dans un contexte socio-économique souvent délétère constituent un fardeau pour la société. Leur vie ou leur avenir se trouve alors très engagés ainsi que ceux des enfants issus de ces grossesses précoces ou non désirées.

C’est ce qui justifie le présent projet de l’ONG FAITH qui s’est fixé comme objectif de faire de la prévention secondaire afin de limiter les dégâts.

Dans les pays en voie de développement, près de seize millions de jeunes filles âgées de 15 à 18 ans et quelques un millions de filles âgées de moins de 15 ans mettent au monde des enfants chaque année. Les enfants de ces mères adolescentes ont donc un risque de mortalité plus élevé que ceux des enfants de mères dont l’âge est supérieur à 25 ans.

Au  Bénin, le phénomène de filles mères est en pleine recrudescence avec deux milles sept cent soixante-trois (2763) cas de grossesse pour le compte de l’année académique 2016-2017, le Département des collines venant en tête avec mille quatre cent soixante-douze (1472) cas de grossesse sur 25166 filles inscrites.

Les statistiques en milieu rural (filles non scolarisées) bien que très peu disponibles sont cependant plus alarmantes car très tôt ces filles à peines pubertes sont engrossées et se retrouvent seules face à leur destin vu que le plus souvent l’auteur de la grossesse est soit lui-même un adolescent sans aucune source de revenue soit un homme mariée qui fuit ses responsabilités et abandonne la grossesse à la charge des parents qui eux-mêmes arrivent à peine à nourrir leur famille  une fois par jour.

Selon une enquête récente dans les communes rurales du Bénin, environ une adolescente sur quatre (1/4) est une fille mère.

Les conséquences de ce drame sont énormes et intéressent aussi bien les mères, les enfants, les familles et logiquement la nation entière. Elles sont d’ordre sanitaire, socio-économique et même démographique.

En effet, les enfants issus de ces grossesses précoces meurent souvent avant l’âge de 5 ans faute de soins et d’un bon suivi. Ils meurent brusquement de malnutrition (kwashiokor, marasme), de paludisme grave ou de maladies diarrhéiques. Ceux qui survivent, sont soit laissés à eux même et deviennent des enfants de rues, des délinquants, des déscolarisés etc… Les mamans elles, ne pouvant jouer à la fois le rôle du père et de mère sont parfois obligées de se livrer à la prostitution avec comme conséquence les IST et le Sida.

Sur le plan économique, le manque à gagner est énorme car ce sont des bras valides qui sont ainsi perdus. Par ailleurs, ces jeunes filles ou adolescentes victimes de grossesses en milieu scolaire se retrouvent obligées d’abandonner les cours et ne sont plus à même de poursuivre leur formation afin d’être utiles à la nation. Sur le plan démographique, la couche inactive de la population s’accroit.

C’est tout ceci qui justifie le présent projet qui a l’avantage d’agir aussi bien en aval qu’en amont du phénomène.

Par des séances d’IEC sur les médias et les réseaux sociaux, nous sensibilisons les jeunes filles adolescentes sur les dangers des grossesses précoces. Mais notre action est essentiellement basée sur la prévention secondaire et consiste à travailler à l’autonomisation progressive de ces filles mères et jeunes filles vulnérables en leurs assurant une formation libérale leur permettant de faire face à la charge de leurs enfants.

Depuis le 15 Avril 2017, l’ONG FAITH a lancé le projet YONNU CHIGAN (traduction littérale : femme de valeur), projet qui travaille à l’autonomisation des filles mères et des jeunes filles vulnérables en les formant à l’agriculture productive.

En effet, après une enquête démographique dans le village de LOGOZOHE (commune de SAVALOU), Département des Collines (Centre du Bénin), nous avons identifié au total 1036 filles mères et jeunes femmes en situation de grande précarité.

Pour la phase expérimentale, nous en avons recruté trente (30) femmes volontaires remplissant les conditions ci-dessus citées à qui nous assurons gratuitement une formation continue.

La formation se déroule en trois étapes

1-Une phase théorique qui dure six mois ou en langues locales nous leur assurons les modules suivants :

  • La production végétale (culture du manioc, culture céréalienne, jardinage, production de champions comestibles…etc)
  • La production animale (élevage de volaille, héliciculture…etc)
  • La gestion des aléas

Ces formations sont renforcées par :

  • un module de développement personnel,
  • des cours d’IEC sur l’hygiène, la santé, le planning familial, l’espacement des naissances,
  • des cours de gestion financière.

2-         Une phase pratique où pendant six mois les apprenants appliquent sur le terrain (fermes, champs….etc) les formations théoriques reçues. Nous avons pour la cause baillée un domaine de deux hectares où elles s’exercent en appliquant les notions théoriques et pratiques reçues.

3-         Une phase d’assistance, de suivi et d’accompagnement qui dure deux ans et au bout de laquelle ces jeunes formées seront plus ou moins autonomes. Elle consiste à cautcher ces femmes formées par les conseils, des orientations, un soutien matériel et logistique jusqu’à leur autonomisation.

Le choix de l’agro pastoral se justifie car le fait que l’agriculture et l’élevage ne nécessitent pas un lourd investissement au début, mais surtout à cause de la rentabilité car la terre ne ment pas quand elle est exploitée par des personnes formées pour.

La disponibilité des terres au Bénin et surtout dans les collines constitue également un justificatif car sont disponibles au Bénin des milliers de surface non emblavées.

Signalons pour finir que nous travaillons avec des ingénieurs agronomes, des techniciens supérieurs en agricultures et des producteurs de la localité ciblée.

 

ONG FAITH

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